Préparer son retour à la vie professionnelle avec L’Avancée

1 mars 2017

De gauche à droite : Patrick Pain, éducateur spécialisé, Martin Ayotte, éducateur spécialisé, Alain Archambault, éducateur spécialisé, Julie Desrochers, spécialiste en activités cliniques et coordonnatrice de l’Avancée, Louise Racicot, éducatrice spécialisée, Julie Paquet, ergothérapeute, Pierre Veilleux, éducateur spécialisé, Hélène Plourde, ergothérapeute, Lyne Bouchard, éducatrice spécialisée et Mario Dauphin, ergothérapeute.

Pour des personnes aux prises avec une maladie mentale, l’insertion sur le marché du travail ou le retour sur les bancs d’école peuvent s’avérer ardu et en décourager plus d’un. 

Au Québec, bien qu’il existe une palette de services gouvernementaux ou communautaires destinés à accompagner les chercheurs d’emplois ou à faciliter le choix académique de futurs étudiants, peu de programmes en ce sens parviennent à répondre aux besoins particuliers que requièrent ceux et celles qui sont atteints d’un trouble mental.

Personnaliser l’accompagnement

À l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, les personnes suivies pour des troubles majeurs de santé mentale ont de la chance. L’Avancée, le programme de réinsertion socioprofessionnelle de l’Institut, offrent aux usagers trois programmes distincts, soit le programme de soutien en emploi, le programme de soutien aux études et le programme de stages en milieu de travail. Tous les programmes visent l’intégration dans le milieu régulier. 

Comme le souligne Julie Desrochers, coordonnatrice de l’Avancée depuis dix ans, les perspectives de réinsertion sociale et professionnelle de la clientèle reposent en grande partie sur le niveau de personnalisation de la démarche de chacun. « À L’Avancée, nous misons beaucoup sur les forces et les préférences de chacun. En agissant de la sorte, nos participants se sentent respectés, mieux valorisés et leur chance de succès augmente significativement ».

Marc Corbière, chercheur à l’IUSMM, rappelle que « les programmes de soutien à l’emploi, comme l’Avancée, sont reconnus comme des pratiques fondées sur les données probantes, en permettant à plus de 50% des personnes inscrites d’obtenir un emploi sur le marché du travail régulier ».

Afin de répondre aux besoins de sa clientèle, L’Avancée peut compter sur le travail d’une équipe de professionnels dévoués, composée majoritairement d’éducateurs spécialisés et d’ergothérapeutes, qui offre le soutien requis aux participants tout au long de leur démarche et ce, aussi longtemps que nécessaire.

« Plus de 60% de notre clientèle parviennent à trouver un emploi grâce au suivi individualisé offert par nos intervenants et au soutien financier de notre fondation », affirme fièrement Mme Desrochers.  « On s’assure de respecter leur rythme et d’être très attentif aux besoins particuliers de chacun. »

Un partage d’expériences qui fait grandir

Au-delà de l’accompagnement individuel, les participants ont l’opportunité, s’ils le désirent, d’assister à un atelier de groupe. Mario Dauphin et Julie Paquet, tous deux ergothérapeutes, animent chaque semaine une séance d’échanges de deux heures durant laquelle des participants aux trois programmes de l’Avancée témoignent au sujet de leurs expériences respectives et se soutiennent mutuellement dans leur démarche.

Selon Mario Dauphin, « le partage des expériences en petits groupes permet à chacun de se normaliser à travers le récit des autres. En échangeant sur leurs craintes, leurs difficultés et leurs bons coups, ils réalisent qu’ils ne sont pas seuls et que d’autres traversent des étapes semblables ou rencontrent des écueils similaires. L’expérientiel de chacun devient source de soutien, d’encouragement ou d’inspiration.

Présente lors de la première séance de groupe de l’année, Leyla, une participante fidèle aux ateliers de L’Avancée, livre ses souhaits pour 2017. « J’aimerais trouver un travail à la hauteur de mes forces et mes intérêts, mais qui respecterait mes limites. Mon objectif serait de trouver un emploi en secrétariat à temps partiel, qui me permettrait un bon équilibre entre le travail, les loisirs et ma vie personnelle. »

À ce sujet, Julie Paquet rappelle l’importance de bien se respecter lorsque vient le temps d’effectuer sa recherche d’emploi. « Chercher un emploi en fonction de ses préférences, de ses forces et de son mode de vie accroît significativement les chances d’être heureux en emploi et de s’y maintenir. »

Reconnaître la persévérance

À L’Avancée, les premières neiges de décembre riment avec reconnaissance. Chaque année, l’organisme convie participants, intervenants et partenaires à une soirée très spéciale afin de souligner le parcours des personnes inscrites à l’un des trois programmes offerts.

En décembre dernier, la fondation a assisté à cette soirée riche en émotions. Co-animé par deux participants au programme, l’événement a permis de révéler au grand jour la persévérance, les réussites et le courage de plusieurs personnes inscrites à l’Avancée. Les nombreuses personnes réunies à la salle Filteau de l’Institut pour l’occasion ont eu droit à des témoignages fort inspirants de la part de tous ces hommes et femmes qui ont choisi de retourner aux études ou de de réintégrer le marché du travail.

Les nombreuses recherches sur le sujet le confirment : le retour aux études ou sur le marché du travail contribue à une meilleure santé mentale. À écouter tous ces gens parler de façon positive de leur expérience à L’Avancée, il est facile de conclure que leur parcours dans le programme leur a permis d’acquérir une meilleure estime de soi, d’améliorer leur qualité de vie, de se rétablir et de faire partie intégrante de la société.

Pour tous ces gens aux prises avec la maladie, le combat est loin d’être gagné. À L’Avancée, on ne remporte pas la guerre, mais de petites victoires semaine après semaine, chacun à son rythme sur le chemin du rétablissement.

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