Repousser ses limites pour cheminer vers le rétablissement

26 septembre 2016

Pour la majorité des gens, planifier quelques jours de camping n’a rien de particulièrement angoissant et ne demande qu’un minimum de préparation et d’organisation. Pour des personnes aux prises avec un trouble psychotique, c’est une toute autre histoire. L’idée de dormir trois nuits en terrain inconnu, avec une dizaine de personnes, au beau milieu de la nature sauvage, peut représenter un immense défi d’adaptation au plan personnel et social et augmenter l’anxiété.

Du 6 au 9 septembre dernier, grâce au soutien de notre fondation, huit patients suivis au programme des troubles psychotiques de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal ont eu la chance de vivre une aventure inoubliable en séjournant dans la Vallée du Bras-du-Nord située à Saint-Raymond de Portneuf près de Québec.

Pour une troisième année consécutive, les participants ont pu compter sur le soutien et l’expertise de Jean-Philippe Leblanc, guide et président fondateur de Face aux vents, un organisme dont la mission est d’accompagner et organiser des activités de plein air destinées à une clientèle suivie en santé mentale.

La préparation

Avant de se lancer tête première dans une telle expédition, les participants, âgés entre 18 et 55 ans, ont bénéficié de six semaines de préparation. Encadré par une équipe interdisciplinaire dévouée, composée de Marjorie Girard-Chénier, Jean-Philippe Mercier et Geneviève Desjardins, tous trois travailleurs sociaux, Carmela Schiraldi et Chantal Cloutier, ergothérapeutes ainsi que Gabriel Henri, kinésiologue, il va s’en dire que le groupe de campeurs se trouvait entre bonnes mains !

Afin d’apprendre à mieux se connaître et de planifier adéquatement le séjour, quatre rencontres préparatoires ont été organisées. Il a été question entre autres, de planifier les tâches (cuisiner les repas, faire le feu, etc.) dont chacun devra s’acquitter, mais aussi de prévoir l’équipement nécessaire à apporter pour un séjour en forêt réussi.

Les participants ont également pu socialiser et apprendre à travailler en équipe au cours d’activités sportives de groupe, en plus de recevoir des conseils avisés du Dr Richard Coutier, psychiatre à l’institut, concernant la gestion des symptômes, de la médication et de la consommation.

chute-surexposeeSortir de sa zone de confort

L’épreuve ultime du périple résidait dans une activité de canyoning où les participants ont dû parcourir en randonnée et en rappel sur corde les falaises et les plus belles cascades de la Vallée. Bien qu’au départ, certains redoutaient le défi, à force d’encouragements et de bons mots de la part des accompagnateurs, tous ont surmonté leurs peurs et ont apprécié l’activité.

À l’heure des bilans, les participants sont unanimes. Sortir de sa zone de confort peut être déstabilisant au départ, mais au final, le sentiment du défi relevé procure un bien immense, notamment en haussant l’estime de soi et la confiance en soi. Tous sont sortis grandis de l’expérience. Ils affirment être mieux outillés pour composer avec les aléas de la maladie et se questionnent déjà à savoir quel sera leur prochain défi !

La thérapie d’aventure

Jean-Philippe Leblanc décrit le concept de thérapie d’aventure par l’utilisation intentionnelle d’activités d’aventure comme médium psychothérapeutique afin d’amener des changements chez un individu.

Ayant agi à titre de guide durant tout le périple, M. Leblanc a préparé la série de défis auxquels les participants ont été confrontés. Il s’est assuré de créer des situations nouvelles, risquées ou excitantes dans lesquelles les participants ont pu vivre et faire leurs propres expériences pour ainsi renforcer leur sentiment de compétence et dépasser leurs limites personnelles.

Qu’est-ce qu’une psychose?

Le mot psychose fait référence à une maladie causée par un mauvais fonctionnement du cerveau et qui perturbe le contact avec la réalité. Pour la personne souffrante, la maladie change sa façon de penser ou de se comporter, en plus de modifier ses croyances et d’altérer ses perceptions. Environ 3% de la population, toutes causes confondues, souffrira d’une forme d’épisode psychotique, c’est-à-dire d’une période pendant laquelle ils présenteront des symptômes psychotiques.

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